Sima Dakkus Rassoul
Née en Afghanistan, carrefour de cultures, au cœur de l’Asie.Lausannoise, partie prenante de la diversité culturelle suisse, au cœur de l’Europe. Une histoire de cœur, en somme.




Marie-José Imsand

L'Afghanistan, son histoire tourmentée, l'immense courage des femmes et des hommes de ce pays m'est omniprésent dans la vie et dans l'art. Source d'inspiration, de mémoire, je porte en moi ses paysages et la beauté digne de ses habitants.


Il ne s'est jamais agi de séparer les expériences professionnelles et les expériences de vie. L'exigence est plus grande, mais les fruits plus savoureux.
Il se trouve que toutes mes activités ont toujours eu à voir avec les êtres humains et continuent à toucher l'humanité. Dans l'art particulièrement, le défi est de conjuguer la représentation et l'étoffe humaine profonde que ce soit à travers l'écriture, la musique, le chant.
J’aime peindre et jouer de l’accordéon, une Stradella (petite route), rouge feu… Mon amour de la cuisine doit certainement avoir à faire avec ce jeu archaïque avec le feu, source de chaleur et de lumière.

Formation humaine
Le lien
Je suis devenue humaniste par éducation et par goût et comparatiste grâce à mon attrait pour les langues et pour les différences. Leur beauté est encore plus brillante une fois qu'on les met côte à côte. Leur musique exprime la qualité sensible propre à chacune.Mes connaissances de différents modes de pensée et de cultures découlent de ces curiosités insatiables.
Mes inspirations créatrices et mes compétences artistiques s'inscrivent dans le cadre d’un monde ouvert à la diversité et sensible à l’environnement, particulièrement à l’écologie humaine : gestion saine des énergies humaines, intellectuelles.
La musique est entre les notes, écrivait Mozart. Le sens est dans le lien que l'on fait avec les choses, intellectuelles et sensibles, tant individuelles que sociales.

Études, compagnonage médiéval
enseignement universitaire
Littérature française et médiévale, philosophie et littérature allemande à l'Université de Genève. Une rareté à l'époque: cours de dramaturgie de Béatrice Perregaux. Mémoire de licence: Du jeu de l'écriture à l'écriture du jeu. 
à la Faculté des lettres de Lausanne, grâce au professeur Eric Hicks, directeur de la Section de français médiéval. Grâce à son ouverture d'esprit et son attention aux résultats, j'ai pu enseigner dans le sens que je souhaitais. J'ai également animé des séminaires en tandem avec lui en tant que doctorante qui restent un moment privilégié. Éveiller le goût d'une culture qui regarde l'académisme et au-delà. Comme l'on voudra. Mes anciens étudiants sont en mesure d'en apprécier les limites.
Temps mémorables où l'apport théorique de mes séminaires s'est concrétisé par des cours de théâtre et des spectacles avec mes étudiant-e-s, notre Club Méd (pour médiéval). Avec la qualité littéraire et musicale de mes étudiants et mes exigences, il y avait de la création partout.
"En guise de viatique, à Sima, à elle dont la présence fut toujours une fête et les fêtes une présence..."
Dédicace d'Eric Hicks dans le livre offert pour mon départ: Fêtes gourmandes au Moyen Age.

Littérature
Les années quatre-vingts, études tardives en plein structuralisme. Saveurs riches et persistantes avec les cours de philosophie, de dramaturgie et finalement la quintessence du théâtre avec Benno Besson. Engagement dans la vie de l'Université, comité de l'Association des étudiants en lettres, déléguée étudiante à la commission des études, membre du groupe de réflexion pédagogique paritaire - enseignants et étudiants -, à partir de la rencontre avec Bertrand Schwartz, auteur d'Une autre école, conseiller de Pierre Mauroy.Un moment fort: Michel Butor dans son séminaire sur la Tentation de Saint Antoine de Flaubert. J'assistais, éblouie, à une sorte de tête-à-tête entre deux grands écrivains dont j'avais la chance d'être témoin privilégiée.

Mise en scène

Benno Besson
Jean Mayerat
En 1983, au cours de mes études universitaires à Genève, je fais la rencontre de Benno Besson à la Comédie de Genève. Moment décisif qui coïncida avec le durcissement d'une longue guerre ravageant l’Afghanistan où se trouvait le reste de ma famille.
J’ai suivi avec enthousiasme le travail de Besson pendant plusieurs années. Malgré son départ de la Comédie, je venais voir ses spectacles en Suisse et nous parlions théâtre. En 2005, un an avant son décès, je l’ai revu lors de son stage aux comédiens de la Manufacture, la Haute École de théâtre de la Suisse romande. En 2007, j’ai fondé l’Association Benno Besson, art & mémoire, avec pour objectif d’écrire un livre sur son théâtre.
Nous n'avons pas toujours le temps, mais la durée pour nous.

Italie-s
L’italien parlé et écrit fait partie de ce jardin littéraire que j'entretiens amoureusement dans cette belle, vaste et riche culture en me laissant bercer par ses musicalités.
Sing songs

« Cherchez l’âme des sons », disait-elle. Grâce à elle, j'ai compris ce que je cherchais dans les sons, car les sons ont toujours été la source de mon travail vocal – y compris avec les comédiens – dans le théâtre et le chant.
Déléguée culturelle de Renens (1999-2000)Une ville de près de vingt mille habitants dont la moitié venant de nombreux pays du monde. Un travail passionnant.

Globlivres
Membre de l'équipe de gestion de Globlivres, bibliothèque interculturelle de Renens, une histoire en avance sur son temps, reconnue au-delà de la Suisse.Fondée par Elena Borio Sillig, Monica Prodon et d'autres femmes autour de la langue maternelle des migrants.
