Littérature

« Ce qui vaut pour nous seuls, ne vaut rien. C'est la loi de la littérature. »
Paul Valéry



L comme littérature. L’histoire de la littérature est fermement liée à celle de l’imaginaire et de son long chemin avant d’être reconnue autrement qu’un mensonge venant travestir la vérité. L’origine du mot même l’atteste. La lettre, c’est la chair de la littérature. C’est sa qualité esthétique, sa relation au beau et au laid, sa fonction de vérité ou de fiction qui en a fait une fleur née de l’écriture. La voix qui pointe à travers l’écriture a une présence forte. Manger le monde des yeux. La littérature est un acte magique grâce auquel « je » devient l'autre.
Toute une histoire.

La Lettre et la Voix, Paul Zumthor




Toutes les vies que nous ne vivrons jamais deviennent, grâce à la littérature, un chemin que nous parcourons pour l'élargissement de notre humanité.

Sima Dakkus Rassoul


Approches

La plume et le doigt

La plume et le doigt résume la trajectoire de l’écriture. De la véritable plume d’oiseaux au stylo-plume et au doigt qui frôle nos écrans informatiques, il y a du chemin. La complicité de la main qui fait couler l'écrit sur une surface et matérialise la pensée rendant visible sa force et sa faiblesse. Avant que le labeur fasse de l’écriture une œuvre. Se souvenir avec nostalgie de Roland Barthes triant les écrivants et les écrivains. Et les écrivaines. Le plaisir et la sueur, éléments qui ne laissent apparaître finalement que la seconde transformée en plaisir. Une histoire sensuelle dans le jeu de la plume et du doigt se pressant à saisir l’impalpable.
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Le papier et la main

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©Michel Wernimont, Orient-Occident 2014
La lecture avec le papier met en jeu d'autres
sens que le visuel, mais le toucher, le grain,
la couleur... Une nostalgie...


L’œil et le regard

Voir et regarder, deux actes distincts. On peut regarder sans voir. En transparence, en quelque sorte. Mais lorsque l’œil, chargé de regard, voit, non des formes, mais ce à quoi elles renvoient, alors, c’est que la conscience travaille et accompagne cet acte somme toute banal. Le chemin qui mène vers la conscience est un merveilleux mélange entre le conscient et l’inconscient, entre la volonté et le lâcher prise. Toute la complexité de la connaissance niche là. Perceptible à qui voit ou a appris à voir.
Le mythe de la caverne...


Un lien intime

Lire et écrire possèdent un lien indissoluble qui les rend solidaires, proches de la gémellité. Ils sont les facettes de la même médaille. On s'interrogerait certainement d'une autre manière sur le désintérêt des contemporains pour la lecture si l'on tenait compte de ce phénomène.
Donner l'accès à l'écriture, comme on le fait pour le dessin, en tant qu'écriture non normative, donnerait des instruments essentiels à l'écriture, quelle que soit sa dimension. Et donc décisif pour la lecture nourrie de l'expérience de l'écriture littéraire. La littérature fait partie des beaux-arts. Et le théâtre appartient entièrement à la littérature.

Lire est un plaisir insolent, subversif, irrésistible.

C'est une activité sensuelle et profondément bouleversante, érotique.
Dans ma mémoire, la réalité est toujours soumise à mes plaisirs de lire. Ce sont des effets durables que je chéris, parce qu'ils sont proches du bonheur innocent de l'enfance et de ses malheurs. Et qu'ils vont partout où l'on va. Cela fait partie de ce qu'on ne peut pas vous prendre.